A :
Abaque : Tablette supérieure du chapiteau supportant l’architrave, utilisé dans l’architecture égyptienne aussi bien pour les colonnes que pour les piliers, porte souvent un Cartouche.

Abydos (Pèlerinage d’) : Scène figurée dans les tombes privées du Moyen Empire, qui représente la momie (Ou une statue du défunt) naviguant vers Abydos. Ce « Voyage » rituel s’effectuait dans le cadre des funérailles, afin que le défunt prenne part aux fêtes organisées à Abydos en l’honneur d’Osiris. Chaque année étaient célébrées la mort et la résurrection du dieu Osiris dans l’au-delà, auxquelles tout homme voulait être associé à l’heure de sa mort pour garantir sa propre survie outre-tombe. La représentation dans la tombe du pèlerinage d’Abydos attestait la participation du défunt aux fameux mystères d’Osiris et en garantissait le renouvellement de toute éternité.

Achéménides : Dynastie perse des « Descendants d’Achéménès ». Le roi des Perses Cambyse conquit l’Egypte en 525 av J.C, où lui et ses successeurs fondèrent la XXVII ème dynastie qui régna jusqu’en 402 av J.C. Artaxerxés III reconquit l’Egypte en 342 av J.C et instaura la seconde domination Perse. Le dernier roi Achéménide Darius III Codoman, vaincu par Alexandre le Grand, lui céda le contrôle de l’Egypte en 332 av J.C.

Akh : Esprit du défunt, doté d’une force surnaturelle. Tout défunt, roi ou simple particulier, aspirait à vivre dans l’au-delà céleste sous la forme divinisé d’un Akh (Voir aussi Ba et Ka)

Akhet : Mot égyptien désignant la saison de l’inondation (Voir Crue du Nil et Calendrier).

Anachorètes : (Du Grec « Qui se retire ») Terme désignant les hommes qui, dans les premiers siècles de diffusion de la foi chrétienne, abandonnèrent leurs attaches sociales pour mener une vie de solitude et de dévotion dans les régions désertiques bordant la vallée du Nil. Pratiqué aussi par quelques femmes, l’anachorétisme religieux, très répandu en Egypte du IIIe au V-Vie siècles après J.C., est étroitement lié à la naissance du monachisme dans l’Egypte du IV ème siècle.

Annales royales : Liste des principaux événements du règne d’un pharaon classés année par année, servant à l’origine à différencier les années du règne.

Araméen : Langue et écriture sémitique répandues durant le 1er millénaire av.J.C dans tout le proche Orient. Considérée comme la langue officielle de l’Empire Perse. On a retrouvé en Egypte de nombreux textes Araméens datant principalement du VIè au IIIè siècle av J.C., qui constituent des documents essentiels pour l’historiographie. On citera notamment les archives de la communauté Juive d’Eléphantine, rédigées dans cette langue aux VIè et Vè siècles av.J.C.

Arbre ished : Cet arbre sacré, que l’on peut probablement identifier au perséa, se trouvait dans le temple du dieu solaire à Héliopolis. De nombreuses scènes figurées dans les temples à partir de la XVIIIè dynastie évoquent une cérémonie religieuse au cours de laquelle le nom du couronnement du roi était inscrit sur les feuilles de l’arbre Ished, afin de placer le nom et le règne du roi sous la protection du dieu solaire, et de lui assurer ainsi une souveraineté éternelle.

Architrave : Poutre de bois ou de pierre posée horizontalement sur l’Abaque des colonnes ou des piliers. Elle relie les colonnes entre elles, mais aussi les colonnes aux murs de l’édifice, tout en soutenant la toiture.

Archives du temple : Institutions importantes, tant par leur taille que par leur personnel et leurs biens, les temples possédaient des archives où étaient déposés et rassemblés des écrits revêtant un intérêt particulier pour leur fonctionnement. Les archives des temples pouvaient donc contenir des écrits relatifs aux célébrations liturgiques et rituelles, mais aussi des documents juridiques et économiques concernant l’administration du temple et de ses biens. Les plus connues sont celles du temple funéraire de Néferirkarê à Abousir, datant de la Vè dynastie, qui nous renseignent sur l’organisation du clergé et les activités quotidiennes du temple.

Atrium : Cour intérieure souvent bordée de colonnes, élément important de l’architecture des maisons romaines.

B :
Ba : Terme égyptien regroupant plusieurs acceptations. Souvent improprement traduit dans la littérature par le mot « Ame ». Comme l’Akh et le Ka, le ba désigne une composante de l’être humain ou divin. Dieux et pharaons disposent d’un grand nombre de baous qui témoignent de leur puissance et de leur activité. Le ba du défunt comme la personnification de toutes ses forces vitales, et représente l’élément dynamique et mobile du mort par opposition à sa momie. C’est pourquoi il est souvent figuré dans les tombes privées du Nouvel Empire sous la forme d’un oiseau à tête humaine. Le ba du défunt habite le ciel, mais revient régulièrement sur terre, dans « sa » tombe, afin de recueillir les offrandes.

Badari : Désigne l’une des premières civilisations néolithiques attestées en haute-Egypte (Vers 4500 ans av.J.C.), précède la civilisation de Nagada, doit son nom au site de Badari, au sud d’Assiout, où furent exhumés au siècle dernier les premiers vestiges rattachés à la culture badarienne

Barbe royale : Elément du costume d’apparat du pharaon. Il s’agit d’une barbe postiche attachée par un cordon, portée par le pharaon dans la plupart de ses représentations en relief et en ronde bosse.

Barque (sanctuaire de la) : Pièce importante de la plupart des grands temples égyptiens dans laquelle était abritée et vénérée la barque sacrée d’un dieu, ou parfois aussi du pharaon. A l’occasion des grandes processions, une petite statue du dieu (Ou du pharaon) était placée dans un Naos, au milieu de la barque sacrée parée des matériaux les plus précieux, et sortie hors du temple pour rendre visite à d’autres sanctuaires. Les murs de cette salle, généralement située dans l’axe principal du temple, portent souvent la représentation de la barque sacrée et de scènes culturelles, alors que son centre est occupé par un socle de pierres ou « Reposoir » destiné à recevoir la barque.

Barque solaire : La course apparente du soleil autour de la terre était interprétée, dans la religion et les mythes égyptiens, comme le voyage du Dieu solaire : Pendant des heures nocturnes, il traversait le monde souterrain avec sa suite, dans la barque de la nuit ; le matin suivant, il réapparaissait dans sa réalité visible, à bord de la barque du jour, pour parcourir le firmament en sens inverse.

Benben : Pierre dressée à Héliopolis qui présente la forme d’un pilier s’amincissant en un cône irrégulier. Vénérée depuis les temps les plus anciens dans le sanctuaire solaire d’Héliopolis comme la représentation stylisée de la butte primordiale et la manifestation du dieu primordial Atoum. Sa forme donnera naissance sous l’Ancien Empire à l’Obélisque.

Boucle-shen : Anneau formé d’une corde aux extrémités nouées et légèrement débordantes. Sa signification symbolique (« durée, régénération, protection ») en fit non seulement un motif privilégié du décor des stèles, des tombes et des temples, mais aussi la base même de la forme du Cartouche.

Boukhéum : Nécropole taurine d’Ermant, sur la rive occidentale du Nil, à quelques kilomètres au sud de Thèbes. C’est ici que furent inhumés, de la XXXè dynastie jusqu’à l’époque romaine, les taureaux sacrés de Boukhis. Comme dans le Sérapéum de Saqqara, ils étaient inhumés dans d’immenses sarcophages en pierre, situés dans des chambres funéraires souterraines le long de galeries.

Bouquet monté : Savant arrangement de fleurs et de feuillages disposés autour d’une tige de papyrus qui pouvait atteindre une hauteur considérable. Les bouquets montés étaient utilisés dans le culte des dieux et des morts comme une offrande, symbole de vie et de fertilité, qui était volontiers figurée sur les parois des tombes et des temples. Des exemplaires ont été retrouvés dans des tombes du Nouvel Empire, comme élément du mobilier funéraire accompagnant le défunt.

Butte primordiale : Joue un rôle essentiel dans la cosmogonie égyptienne : C’est la première terre qui surgit de l’océan primordial symbolisant les forces du chaos originel. C’est sur elle que le dieu primordial accomplira la création du monde proprement dit. Symbole d’une création sans cesse renouvelée, la butte primordiale devint l’un des motifs privilégiés de l’architecture égyptienne, mais aussi des textes et représentations figurées (Voir Cosmogonie, Benben).

C :
Cachette : Ce terme désigne une série de cachettes antiques où furent mises à l’abri momies (Cachette de deir el-Bahari à Thèbes) et statues (Temple de Karnak et de Louxor). La plus célèbre d’entre elles est la cachette de la tombe DB 320 à Thèbes où l’on découvrit vers la fin du siècle dernier quelque quarante sarcophages contenant une grande partie des momies royales du Nouvel Empire. Elles furent regroupées ici durant la XXIè dynastie à la suite des pillages perpétrés dans la vallée des rois.

Calame : Roseau finement taillé dont on se servait pour écrire. Le calame appartient au matériel du scribe ; celui-ci est souvent représenté le portant derrière l’oreille ou, dans la statuaire, le tenant dans sa main droite, prêt à écrire. Le scribe trempait d’abord son calame dans un petit pot à eau pour délayer les encres (Noires ou Rouge) ou les couleurs retenues sous forme solide dans les godets de palettes qu’il appliquait, tel un pinceau, sur divers supports d’écriture (Papyrus, éclat de calcaire ou tesson de poterie (Voir Ostracon).

Calendrier : C’est l’année solaire qui constitue la base du calendrier « Officiel », qui était utilisé par l’administration égyptienne pour dater tout document comme par exemple les inscriptions historiques. L’année était divisée en trois saisons : Akhet ou « Inondation », Peret ou « Germination » et Shemou « Sécheresse », qui comptaient chacune quatre mois de 30 jours. On y ajoutait 5 jours supplémentaires, les épagomènes, afin que l’année compte 365 jours et ne s’écarte de l’année solaire que d’un quart de journée. Parallèlement, il existait depuis les temps les plus anciens « l’Année cosmique » , basée sur le cycle lunaire, qui faisait correspondre le premier jour de l’année avec la crue annuelle du Nil (Voir Crue du Nil et Sothis)

Calendrier des fêtes : Liste des cérémonies culturelles quotidiennes, mensuelles, célébrées dans un temple. Attestée depuis l’Ancien Empire, cette liste s’intégrait dans le répertoire iconographique décorant les parois du temple. Chaque jour étaient apportées des offrandes régulières, auxquelles venaient s’ajouter des offrandes particulières chaque mois à la nouvelle lune, et des offrandes spéciales liées aux jours fériés répartis dans l’année.

Calotte Koushite : Coiffure étroitement ajustée que portaient les rois Nubiens (ou « Koushites »), terme qui désigne les habitants du pays de Koushe, nom égyptien de la Nubie, et formèrent la XXVè dynastie. Cette coiffure est généralement ornée de deux Uræus qui se dressent sur le front, et deux longs rubans qui descendent dans le dos.

Canon de proportions : Les mesures des différentes parties d’une œuvre d’art égyptienne, qu’il s’agisse d’un décor mural ou d’une sculpture en ronde bosse, étaient définies précisément les unes par rapport aux autres. Les bases de ce «Canon » se fondaient sur les proportions du corps humain. La reconstitution moderne de ce canon de proportions repose surtout sur l’étude des lignes directrices en partie conservées sur les murs et les statues. Les données des unités de mesure mais aussi les règles de leur utilisation par les artistes égyptiens sont aujourd’hui encore controversées.

Carthame (Carthamus tinctorius L) : Plante tinctoriale dont les pétales fournissent une substance jaune hydrosoluble, et une substance rouge uniquement soluble dans l’alcali. Elle servait notamment à teindre les tissus. De ses graines était extraite une huile alimentaire, alors que ses fleurs permettaient de confectionner des guirlandes destinées aux offrandes.

Cartouche : Encadrement ovale du nom de couronnement et du nom de naissance des pharaons (Voir Titulature royale). Il s’agissait à l’origine d’une corde dont les extrémités nouées sont généralement représentées par un trait horizontal, perpendiculaire à l’ovale. La forme circulaire (ou Ovale) symbolisait l’éternité et plaçait le porteur du nom sous la protection magique des dieux (voir aussi Boucle-shen).

Cataractes : Terme d’origine Grecque désignant les chutes d’eau sur le Nil dans la partie sud et Nubienne de son cours. En six endroits entre Assouan et Khartoum la roche dur du désert oriental perce le grès du Nil pour former des barrières rocheuses s’étirant sur plusieurs kilomètres. Depuis les temps les plus anciens, la première Cataracte d’Assouan constituait la frontière naturelle entre l’Egypte et la Nubie.

Cénotaphe (du grec « tombeau vide ») : Désigne un monument funéraire élevé en un site distinct du lieux d’inhumation; ce mot est non seulement utilisé pour ces « Tombes factices », mais aussi pour tout monument dédié à la commémoration d’un défunt. Les plus célèbres cénotaphes (au sens stricte) sont ceux d’Abydos: au Moyen Empire, les riches particuliers venus de toute l’Egypte s’y firent construire des chapelles ornées de stèles pour prendre pour prendre part aux fêtes célébrées ici chaque année en l’honneur d’Osiris (voir aussi Abydos). Au Moyen et Nouvel Empire furent aussi construits en ce lieu des cénotaphes royaux dont le plus fameux est celui de Séthi 1er situé derrière son temple (connu aussi sous le nom d’Osiréion ou de Tombeau d’Osiris).

Chadouf : Elévateur d’eau de conception très simple attesté à partir de la XVIIIè dynastie ; il était formé d’un long balancier muni d’un récipient à l’une de ses extrémités et à l’autre d’un bloc d’argile servant de contrepoids. L’eau ainsi puisée dans des puits ou des canaux servait surtout à l’irrigation des petits jardins.

Chapelle-reposoir : Nom donné généralement à des petits édifices cultuels placés sur le chemin des grandes processions, dans lesquels on déposait provisoirement la barque contenant la statue cultuelle du dieu ou du pharaon. La région Thébaine a conservé nombre d’entre eux. Ces chapelles peuvent présenter des formes architectoniques très diverses : kiosque, temple à déambulatoire, ou édifice tripartite.

Chevet : Appui-tête dont se servaient les égyptiens en premier lieu pour se protéger, la nuit, de tout reptile ou insecte et sur lequel ils plaçaient leur tête ou plutôt leur cou sur le cote. Le chevet, en général en bois ou en pierre, est composé d’un socle plat, d’un support et du repose-tête proprement dit de forme incurvée adéquate à épouser les contours de la nuque sur lequel on posait étoffe pliée plusieurs fois. Attestés de l’Ancien Empire à la Basse Epoque, les chevets, retrouvés en très grand nombre dans le mobilier funéraire des tombes royales et privées dans lesquelles ils sont également maintes fois représentés, présentent des factures et des décorations diverses.

Chiton : Elément important du costume dans la Grèce Antique :une sorte de tunique avec ou sans manches, descendant à la hauteur des genoux ou des mollets, et généralement serrée par une ceinture.

Colonne Campaniforme : (voir Colonne Papyriforme).

Colonne en Piquet de tente : Colonne de l’architecture égyptienne qui imite les piquets en bois utilisés pour les tentes ou les constructions légères en nattes de roseaux. des représentations et des modèles en bois existent depuis le début de l’Ancien Empire. En revanche, seule une construction de Thoutmosis III, intégrée dans le temple d’Amon-Rê à Karnak (l’Akhménou), témoigne de sa transposition en pierre.

Colonne fasciculée : Colonne dont le fût est formé par plusieurs tiges de papyrus ou de lotus (voir colonne Lotiforme et colonne Papyriforme).

Colonne Hathorique : Type de colonne dont le chapiteau montre su deux ou quatre de ses faces le visage en haut relief de la déesse Hathor, tête de femme encadrée d’oreilles de vache. utilisé surtout à partir du Moyen empire dans les temples dédiés à des divinités féminines.

Colonne Lotiforme : type de colonne qui imite la forme végétale du lotus. Le fût est formé de plusieurs tiges de lotus ; le chapiteau représente leurs fleurs qui, maintenues entre elles par plusieurs liens, sont en général représentées fermées. Elles sont également attestées avec des chapiteaux ouverts, en particulier à l’époque Ptolémaïque. On trouve ce type de colonnes en pierre dans l’architecture funéraire à partir de l’Ancien Empire et aux époques ultérieures surtout dans l’architecture des temples.

Colonne Palmiforme : Type de colonne très apprécié dans l’architecture égyptienne, dont le fût était garni d’un faisceau de feuilles de palmier. A partir de la Vè dynastie, ces végétaux seront transposés en pierre sous la forme de chapiteaux imitant des palmes légèrement évasés vers l’extérieur.

Colonne Papyriforme : Type de colonne très répandue dans l’architecture égyptienne qui imite la forme végétale du papyrus. Ce type connaît plusieurs variantes. Le fût peut-être la transposition sculptée d’un faisceau de papyrus à chapiteaux fermé, ou d’une tige unique dont le chapiteau imite l’ombrelle du papyrus, cette variante étant appelée colonne Campaniforme. Existe en pierre depuis l’Ancien Empire.

Cône de Graisse : Petit cône de graisse parfumée porté sur la tête lors des fêtes. Il s’agissait de graisse animale mêlée à des substances odoriférantes comme la myrrhe et peut-être aussi de la résine. Dans les représentations de banquets ornant les tombes du Nouvel Empire, ces cônes figurent régulièrement sur la tête des convives. La graisse fondait au cours de la fête et se répandait telle une onction sur les cheveux et le torse.

Corniche à gorge : Elément architectonique traditionnel de l’Egypte Ancienne ; la corniche à gorge, qui repose sur le torse, couronne divers monuments ou éléments architecturaux. De forme incurvée, la corniche à gorge est pourvue d’un décor de bandes verticales arrondies dans leur partie supérieure et le plus souvent peintes dans différents tons (Rouge, Bleu, Vert, Jaune) qui alternent régulièrement. Il s’agit probablement de la représentation lithique d’une rangée de palmes, qui à l’origine étaient plantées au sommet des murs de briques. La corniche à gorge est attestée des le début de l’Ancien Empire dans l’architecture des temples et se développa rapidement sur divers éléments architecturaux comme les pylônes, les murs d’entrecolonnement qui se dressent entre les piliers ou les colonnes des temples, mais aussi sur les chapelles, les fausses portes, les stèles et les sarcophages. Elle est fréquemment ornée de la représentation d’un disque solaire ailé et ultérieurement de cartouches portant le nom du roi.

Cosmogonie : Les croyances égyptiennes concernant la formation de l’univers, le déroulement des événements cosmiques et une possible fin du monde nous sont révélées par un grand nombre de textes et de représentations. Les différents mythes égyptiens de la création du monde s’accordent pour attribuer à l’action d’un dieu primordial la formation de l’univers à partir d’un état chaotique initial (Voir Butte Primordiale). La matière originelle informe s’est muée en un monde organisé au cours d’une différenciation progressive. Afin de garantir l’équilibre du cosmos, les forces destructrices potentielles sont vaincues chaque jour grâce aux rites accomplis par le pharaon. De là résulte le caractère dynamique de cette conception du monde, basée sur la répétition cyclique des événements cosmiques.

Coudée : Unité de longueur égyptienne qui constituait la mesure de base en architecture; Elle correspondait environ à 52,5 cm et était divisée en sept palmes de quatre doigts.

Couronne Blanche : Couronne royale attestée depuis l’époque archaïque. Sorte de mitre de couleur blanche au sommet arrondi qui symbolise la Haute-Egypte (voir Pschent).

Couronne Bleue : (voir Khépresh).

Couronne Rouge : Couronne royale représentée depuis l’époque prédynastique qui symbolise la Basse-Egypte ; de couleur rouge, en forme de mortier, elle est prolongée à l’arrière par une protubérance étroite et surmontée devant par une longue spirale enroulée vers l’intérieur.(voir Double couronne, Pschent).

Criocéphale : A tête de bélier.

Crue du Nil : Chaque année en Egypte, avant l’installation récente d’un barrage, le niveau du Nil montait de plusieurs mètres à la fin de l’été, en raison des pluies de mousson qui s’abattaient sur le cours supérieur du fleuve, en Ethiopie et dans le sud du Soudan. Grâce à un vaste réseau de canaux et de digues, les eaux étaient dirigées vers les champs où elles imprégnaient la terre durant plusieurs semaines et laissaient un limon riche en substances nutritives.

Culte Funéraire (ou Culte des Morts) : Connus depuis la préhistoire, les gestes et actions accomplis pour assurer la survie du défunt dans l’au-delà présentent des aspects différents selon qu’il s’agit d’un pharaon (à la double nature humaine et divine, ou de simples particuliers). Le culte funéraire reposait sur l’idée de la préservation corporelle et nominelle de l’individu (par la momification et la présence dans la tombe de textes biographiques) et de l’approvisionnement éternel du défunt (par le mobilier funéraire et les offrandes). En érigeant son tombeau, le particulier posait les fondements de son propre culte funéraire. Celui-ci commençait après le rituel de l’embaumement et des funérailles, sous la forme d’offrandes quotidiennes apportées par le fils aîné du défunt, ou un prêtre affecté à son culte (voir Fondation funéraire). A l’occasion de certaines fêtes, les tombes recevaient des dons venant des temples (voir Belle fête de la vallée) auxquels elles étaient rattachées par le biais de la procession d’offrandes.

D :
Déambulatoire : Galerie couverte soutenue par des colonnes ou des piliers bordant trois ou quatre cotes d’un temple. De tels édifices cultuels sont généralement appelés « temples à déambulatoire ». Cette forme architecturale, déclinée en de multiples variantes, fut très prisée à partir du Moyen Empire où on l’employa pour des temples aux fonctions très diverses, notamment pour les Chapelles- reposoirs utilisées pour abriter temporairement les barques sacrées lors des grandes processions.

Deben : Nom égyptien d’une unité de poids. Sous l’Ancien Empire, un Deben correspondait environ à 13,6g. On a retrouvé datant du Moyen Empire, un Deben en or de 13,6g, mais aussi un Deben en cuivre pesant le double de ce poids. Le Deben du Nouvel Empire pesait 91g, il était subdivisé en dix unités, les Kités.

Décret de Canope : Ensemble de décisions prises par le clergé égyptien réuni auprès du pharaon en l’an IX du règne de Ptolémée III (238 av.J.C.) afin de statuer sur des questions relatives au culte et à l’organisation des temples. Conservé en plusieurs exemplaires, ce décret doit son nom à la ville de Canope, située non loin d’Alexandrie, où se réunit l’assemblée. Les décisions furent rédigées en trois langues (en Hiéroglyphe, en Démotique et en Grec) et communiquées à la population sur de grandes stèles dressées sur le parvis des temples.

Décret d’Horemheb : Décret promulgué par le roi Horemheb vers 1300 av.J.C. qui comprend des indications détaillées concernant la réorganisation d’une partie de l’administration et des instances judiciaires. Ce décret insiste notamment sur l’élimination des méfaits de la corruption ; il nous est parvenu sous forme d’une copie inscrite sur une stèle dressée devant le dixième pylône du temple d’Amon-Rê à Karnak.

Démotique (du Grec Demotika grammata « Ecriture populaire ») : Forme d’écriture et de langue égyptienne en usage du VIIè siècle av.J.C. au Vè siècle ap.J.C. Elaboré à partir du Hiératique durant la XXVIè dynastie, le démotique présente une écriture cursive qui fut surtout utilisée dans la vie quotidienne. Ce n’est qu’aux époques Ptolémaïque et Romaine que des œuvres littéraires et des textes religieux seront rédigés en démotique. Le papyrus en constituait le principal support. D’un point de vue linguistique, le démotique apparaît comme une forme évoluée du néo-égyptien.

Dieu Solaire : Astre dominant la vie des hommes, le soleil était considéré par les égyptiens comme la manifestation de la puissance divine ; dès le début de l’Ancien Empire il fut personnifié sous les traits du dieu solaire Rê. La course quotidienne du soleil connut différentes interprétations théologiques: Elles étaient associée au cycle de la vie, à la renaissance dans l’au-delà (c'est-à-dire à l’immortalité de chaque individu), mais aussi au maintien et à la prospérité de l’Etat égyptien dans sa totalité. « Fils de Rê », le pharaon était le représentant et l’incarnation terrestre du dieu solaire. Le dieu solaire était vénéré sous différents noms et différents aspects; il donnera même lieu à des formes syncrétiques comme Amon-Rê.

Dieu de l’au-delà : Tous les dieux qui présentent un lien quelconque avec les croyances funéraires et le culte funéraire en Egypte. Le dieu des morts par excellence était Osiris, qui triompha de la mort et dont la résurrection devint le modèle mythique auquel chaque défunt souhaitait s’associer pour accéder lui-même à l’immortalité.

Dieu de l’Empire : Certains dieux du panthéon égyptien revêtaient, dans l’idéologie royale, une signification supérieure qui les distinguaient des autres divinités. Il en va ainsi à partir de la Vè dynastie du dieu solaire Rê. Sous le Nouvel Empire, notamment durant les XIXè et XXè dynasties, les trois dieux Amon de Thèbes, Rê d’Héliopolis et Ptah de Memphis incarneront l’ensemble du panthéon égyptien.

Disque Solaire : La représentation extrêmement fréquente du disque solaire dans l’art égyptien s’explique par l’importance du soleil / dieu solaire dans la religion et l’idéologie égyptienne. Sur la partie supérieure des stèles ou les architraves, le disque solaire relie les mondes terrestre et divin. La combinaison du disque solaire et d’une paire d’ailes de faucon (ou de deux uræus) formait un motif particulièrement apprécié. Ce « disque ailé » plane souvent au dessus des représentations du pharaon pour symboliser sa souveraineté, d’essence divine, sur la Haute et la Basse-Egypte.

Divine Adoratrice (ou épouse de dieu) : Titre de la grande prêtresse d’Amon à Thèbes ; le titre d’épouse du dieu était aussi porté, sous le Nouvel Empire, par des reines et des princesses royales. Considérée comme l’épouse symbolique du dieu, la grande prêtresse d’Amon incarnait, dans les rites, la garantie de la renaissance éternelle du monde par l’action des forces primordiales et fécondatrices du dieu. Durant la Troisième période Intermédiaire, la porteuse du titre était le chef spirituel du domaine d’Amon à Thèbes. Cette fonction, exercée par des vierges de la maison royale et transmise par adoption, perdit son importance à la XXVIè dynastie, pour finalement disparaître.

Djed : (voir pilier-Djed)

Djêmé : Nom copte du site de Médinet Habou, dans la partie sud de la Thèbes occidentale ; peut-être à l’origine du nom Grec « Thêbai = Thèbes ». Dérive de l’ancienne appellation égyptienne du site de la Butte primordiale à Medinet Habou, site connu surtout en raison du grand temple funéraire de Ramsès III érigé à proximité.

Domaine : Désigne en Egyptologie des unités essentiellement agricoles de tailles très diverses. Ces domaines étaient généralement fondés sur une initiative de l’Etat et administrés par les fonctionnaires. Ils pouvaient appartenir au pharaon ou à diverses institutions, être cédés à un temple, ou encore transmis à un fonctionnaire méritant qui en tirait des revenus, pour lesquels il devait aussi verser des impôts à l’Etat. Une partie des produits de certains domaines était consacrée au service des offrandes dans le cadre du culte funéraire royal ou privé (voir fondation funéraire).

Double Couronne : (voir Pschent)

Dromos : Allée qui mène à un temple ou relie deux temples entre eux ; le Dromos, en Egypte, est en général bordé de sphinx.

Dyade (du Gréco-latin « Dualité ») : Terme souvent utilisé pour les statues figurant deux personnages. Ce type de représentations, très apprécié dans la statuaire égyptienne en ronde bosse, conduisit à l’élaboration de différents modèles iconographiques. le plus souvent les personnages sont debout ou assis côte à côte, dans une juxtaposition traduisant le lien qui les unit : il peut s’agir d’un lien personnel ou parental étroit, comme dans les groupes familiaux ou les représentations de couples, ou bien d’une notion théologique précise, comme dans le cas du pharaon figuré au côté d’un dieu.

E :
Echanson : Traduction habituelle d’un titre égyptien donné sous la XVIIIè dynastie à des personnes du proche entourage du pharaon chargées de l’assister et de le servir à table. les Echansons se virent bientôt confier de nombreuses fonctions au sein de l’Etat qui en firent, sous les XIXè et XXè dynasties, des sortes de ministres spéciaux du pharaon, placés au dessus de l’administration ordinaire et parfois dotés d’une grande importance politique.

Ecriture Cunéiforme : Ecriture élaborée en Mésopotamie entre le IVè et le IIIè millénaire av.J.C ; l’empreinte du poinçon dans l’argile encore humide confère aux différents caractères la forme de « Coins ». Cette écriture fut utilisée du IIIè au 1er millénaire av.J.C. dans un grand nombre de langues, dont le sumérien, le hittite, l’hourrite et l’ougaritique. La plus répandue d’entre elles était l’akkadien, employé comme langue diplomatique au IIè millénaire av.J.C. dans tout le Proche-Orient. Les plaquettes d’argile des archives de Tell el-Amarna contenant la correspondance diplomatique entre le pharaon égyptien et les différents états du Proche-Orient (XIVè siècle av.J.C.) constituent le principal ensemble de textes cunéiformes découverts à ce jour en Egypte.

Egide : Plaque décorative semi-circulaire ornant la proue et la poupe des barques dans lesquelles étaient transportées les statues des dieux et des rois lors des grandes processions. L’Egide était généralement en métal et richement orné d’emblèmes divins.

Electrum : Alliage d’or et d’argent produit artificiellement, mais aussi présent à l’état naturel dans les régions désertiques bordant l’Egypte. Utilisé pour les bijoux dès le début de l’Ancien Empire, il sera abondamment employé plus tard pour les incrustations et applications décorant les murs et les portes des temples.

Ennéade ( « Groupe de Neuf ») :ensemble de divinités regroupées autour du dieu principal d’un lieu. Le chiffre neuf étant un multiple d’un pluriel indéfini exprimé par le trois, il symbolise un nombre élevé : l’Ennéade ne comprend donc pas nécessairement neuf divinités. Les ennéades les plus connues sont celles d’Héliopolis, de Memphis, d’Abydos et de Thèbes, cette dernière regroupant généralement 15 « membres » (Grande Ennéade).

Enseigne du nome : La plupart des nomes possédaient un hiéroglyphe qui faisait référence à la divinité spécifique vénérée dans le nome. En règle générale, ce signe (Crocodile, sceptre, harpon muni d’une corde…) était placé sur un étendard et personnifiait le nome. Cette combinaison du signe et de l’étendard est désignée aujourd’hui sous le nom d’ «enseigne du nome »

Enseignements (ou sagesses) : Genre littéraire typiquement égyptien qui connut une grande popularité, comme le révèlent les nombreuses copies, et dont il subsiste au moins 16 œuvres autonomes, intégralement ou partiellement conservées. Cette littérature sapientiale tentait d’enseigner aux futurs fonctionnaires les règles de conduite de la société égyptienne et les principes éthiques régissant les affaires publiques. Ces œuvres constituent donc une source d’information importante sur la vision égyptienne du monde et des hommes. Leur influence s’exerça au-delà des frontières de l’Egypte : On en retrouve même des traces dans la bible.

Epagomènes (Jours) : Mot grec désignant, dans le calendrier égyptien, les cinq derniers jours ajoutés à l’année (qui comptait 12 mois de 30 jours) afin d’obtenir un total de 365 jours. Considérés comme des jours fériés, les épagomènes étaient aussi les jours de naissance des dieux Osiris, Horus, Seth, Isis et Nephtys.

Etendard Divin : étendard formé d’une hampe et d’une pièce transversale portant l’image d’un dieu généralement zoomorphe, ou d’un objet faisant référence à la divinité. Considéré comme un objet sacré, l’étendard divin symbolisait la divinité qu’il représentait. Nombre d’entre eux étaient portés lors des grandes processions à l’avant du cortège comme autant d’emblèmes des dieux.

F :
Fausse - Porte : Porte factice en pierre ou en bois. Montants, linteau et niche centrale peuvent être déclinés en des formes diverses et complétés par des éléments supplémentaires qui confèrent aux fausses-portes des aspects variés. Ces stèles constituent un élément iconographique important, notamment dans les tombes privées de l’Ancien Empire, et plus rarement dans les sanctuaires royaux, les temples et les tombeaux ultérieurs. Elles marquent la limite avec le monde terrestre et le monde divin de l’au-delà. Sous l’Ancien Empire, elles constituaient le lieu cultuel le plus important de la tombe : c’est là en effet qu’étaient déposées les offrandes destinées au défunt.

Fenêtre d’apparitions : Balcon à parapet peu élevé et baldaquin, aménagé dans le palais royal, où le pharaon apparaissait en public, notamment pour distribuer des distinctions aux fonctionnaires méritants. Cette scène est souvent représentée dans les tombes de ces derniers. A Thèbes, les temples du Nouvel Empire comportent une variante plus petite de cette tribune-balcon répondant à une fonction rituelle.

Fête de min : Evoquée par les inscriptions depuis l’époque archaïque, est représentée sur de nombreuses parois de temples surtout sous le Nouvel Empire, la fête de Min, dieu de la fertilité et de la création, était l’une des fêtes religieuse les plus importante du pays. Associée à des offrandes et divers actes rituels, cette fête consistait en une sortie solennelle de la statue du dieu hors de son temple. Accompagnée d’étendards divins et de statues de souverains antérieurs, l’effigie cultuelle était transportée par des prêtres dans d’autres édifices sacrés. Cette « Sortie de Min » était étroitement liée aux rites remerciant le dieu pour les moissons, et l’implorant pour la régénération de la nature « meurtrie » par les récoltes. Il s’agissait parallèlement d’un rite de confirmation du pouvoir royal.

Fête de Sokar : Cette fête en l’honneur du dieu funéraire et chtonien Sokar (qui sera étroitement lié plus tard à Ptah et Osiris) est attestée depuis le début de l’Ancien Empire. La fête de Sokar est souvent représentée sur les parois des temples du Nouvel Empire, comme dans le temple de Ramsès III à Médinet Habou. On y voit notamment la procession de la barque de Sokar autour du sanctuaire. Celle-ci se reconnaît à sa haute proue ornée d’une tête d’antilope ou de taureau, et à ses longs avirons situés à la poupe.

Fête-Sed : (voir Heb-Sed).

Fils de Rê : titre rattaché au nom de naissance du pharaon. (voir Titulature royale).

Fils d’Horus : Les quatre dieux protecteurs Hâpi, Amset, Douamoutef et Qebehsenouef étaient tenus pour les enfants d’Horus. Ils participaient à la renaissance rituelle d’Osiris, et à celle du défunt devenu lui-même un Osiris, et protégeaient les viscères du corps momifié. Leur effigie surmontait les vases canope dans lesquels étaient placés les organes internes du défunt. Fils royal de Koush : (voir Vice-roi de Koush).

Flabellifère : Porteur d’éventail, composé d’une ou plusieurs plumes d’autruche est fixé sur une hampe, qui accompagnait les rois dans ses sorties officiels. Sous le Nouvel Empire, le titre de cette fonction devient un titre honorifique que portent les hauts fonctionnaires. Les flabellifères sont souvent représentés dans l’iconographie égyptienne, en particulier à la droite du roi et dans les processions.

Flagellum : (voir Insignes royaux)

Fonctionnaire : terme général désignant les personnes qui participent à l’administration de l’Egypte. Les fonctionnaires devaient savoir écrire ; ils étaient entretenus matériellement par le roi, avantage qui leur permettait souvent (mais pas toujours) d’occuper une haute position sociale. Ils étaient placés sous la responsabilité du Vizir.

Fondation Funéraire : Système mis en place pour assurer le service d’offrandes des défunts ; aux fondations royales, s’ajoutèrent ultérieurement des fondations privées, dont le rôle fixé par contrat consistait à fournir à la tombe des denrées provenant de domaines particuliers. On pouvait aussi s’assurer avant de mourir de son propre culte funéraire. Ces fondations étaient souvent organisées sur le principe de la procession d’offrandes.

G :
Graffiti : Ce terme d’origine Grecque désigne des inscriptions incisées ou peintes sur des parois rocheuses, des statues, des tessons de céramique et autres support d’écriture. les types d’écriture (le plus souvent hiératique ou démotique), comme le contenu (notes économiques ou administratives, textes religieux etc.), témoignent d’une grande variété. Certains graffiti se rapportent plus spécifiquement à l’exécution d’un projet architectural : il s’agit alors de notes brèves, inscrites directement sur les pierres, qui concernent le transport et l’utilisation des matériaux de construction.

Grand Prêtre : Prêtre nommé à la tête du clergé d’un temple ; correspond au titre de « Premier serviteur du dieu ». Les grands prêtres représentaient le pharaon dans les cérémonies cultuelles, tout en dirigeant le personnel, la gestion et l’économie de leurs temples qui disposaient parfois de richesses considérables et de vastes domaines agricoles.

Grande dévoreuse : (voir Psychostasie)

Guides de l’au-delà : Expression désignant plusieurs « Livres » funéraires didactiques témoignant par les mots et l’image des croyances égyptiennes concernant l’au-delà. La description systématique de tout ce que le défunt rencontrera dans sa vie posthume devait l’aider à s’associer au cycle de la vie (généralement symbolisé par la course du soleil) afin d’accéder lui-même à la vie éternelle. A l’origine, ces « Guides du monde souterrain » étaient presque exclusivement réservés au pharaon. Ils constituent l’élément principal des décorations murales ornant les tombes royales du Nouvel Empire. Ils figureront plus tard aussi sur les cercueils et papyrus des particuliers. Au sujet des différents guides de l’au-delà, voir Livre de l’Amdouat, Livre des Cavernes, Livre des Portes et Livre des Deux Chemins.

H :
Hatmehit : (égyptien « La première des poissons ») Nom de la déesse du nome de Mendès, en Basse-Egypte ; généralement représentée sous les traits d’une femme à la tête surmontée d’un poisson, son animal sacré.

Heb-Sed : (égyptien « Fête-Sed ») Fête royale attestée depuis les temples les plus anciens, et jusqu’à l’époque Gréco-romaine, par de nombreuses représentations figurées sur les parois des temples, et par des témoignages écrits. Au cours de cérémonies rituelles complexes s’étendant sur plusieurs jours, les forces physiques et magiques du pharaon se trouvaient renouvelées afin que soit garantie la pérennité de son règne. La célébration du Heb-Sed était également transposée dans l’au-delà, dans l’espoir de prolonger la souveraineté du roi de toute éternité.

Héracléopolitains (Rois) : Nom de rois de la IXè et de la Xè dynastie qui résidèrent à Héracléopolis, en Moyenne-Egypte, après la fin de l’Ancien Empire ; seuls quelques-uns de ces rois aux règnes généralement très courts sont connus par leur nom.

Hermès : Monument en pierre d’origine Grecque formé d’un fût à quatre pans surmonté initialement par la tête du dieu Hermès, mais aussi plus tard par l’effigie d’autres divinités. Placé dans les sanctuaires ou les tombes, sur les chemins ou les places publiques, ce type de statue, revêtu sans doute d’une fonction tutélaire, se répandit en Egypte aux époques Ptolémaïque et romaine.

Herse (de pierre) : Nom donné aux dalles de pierre descendues dans le couloir de la tombe pour bloquer l’accès du caveau après l’inhumation. On alignait souvent plusieurs pierres de ce type ; procédé utilisé dans les tombes royales et privées depuis la 1ère dynastie.

Hiéracocéphale : A tête de faucon.

Hiératique (du Grec grammatica hieratica, « Ecriture sacrée ») : Cursive qui évolua parallèlement à l’écriture monumentale hiéroglyphique. Dans l’écriture hiératique, les différents hiéroglyphes ont été progressivement schématisés jusqu’à rendre méconnaissable leur image initiale. Cette cursive s’écrivait essentiellement à l’aide d’un Calames sur du papyrus, ou des fragments de calcaire ou de poterie (voir Ostracon). Ecriture courante des égyptiens depuis l’époque archaïque jusqu’à la Basse-Epoque, elle servait à la rédaction des textes administratifs et économiques, des lettres privées, mais aussi des œuvres littéraires. Remplacée dans cette fonction par le démotique vers le VIIè siècle av.J.C, l’écriture hiératique fut dès lors réservée aux textes religieux, comme l’exprime sa désignation grecque.

Hin : Nom égyptien désignant une mesure de capacité, correspondant environ à 0,48l ; utilisée principalement pour le grain, mais aussi, au Nouvel Empire, pour l’or et la myrrhe.

Hittites : Peuple indo-européen qui, de la cité fortifiée de Hattousa (l’actuelle Bogazkale), fonda au XVIIè siècle av.J.C. dans le nord de l’Anatolie un premier empire hittite de courte durée. Devenu au XIVè siècle av.J.C. une grande puissance qui dominait l’Anatolie et la Syrie, l’empire hittite étendit bientôt sa souveraineté au royaume de Mitanni. Les hittites s’avérèrent ainsi au XIVè et au début du XIIIè siècle av.J.C. les plus sérieux concurrents des égyptiens dans la lutte pour la suprématie en Asie mineure. Après de durs combats, les deux rivaux parvinrent à un accord de paix sous Ramsès II. L’Empire hittite s’effondra au XIIè siècle av.J.C.

Hourrites : peuple sans doute venu de Transcaucasie qui conquit, vers la fin du IIIè millénaire av.J.C. les actuelles régions Nord-Est et Sud-est de la Turquie, ainsi que le Nord de la Syrie et de l’Iraq. Leur extension est attestée par la diffusion de leur langue. Parmi les royaumes fondés par les hourrites, celui du Mitanni exerça une grande influence du XVIè au XIVè siècle av.J.C.

Hyksôs : (Forme Grecque de l’égyptien Héqa-khasout « souverains des pays étrangers ») Désigne les rois d’origine asiatique qui instaurèrent en Egypte une domination étrangère, inaugurée avec la XVè dynastie et qui dura près d’un siècle (vers 1648-1550 av.J.C.). de leur capitale Avaris, à l’est du delta, où résidaient déjà depuis longtemps des tribus Syro-palestiniennes, ils dominaient le pays sous forme de plusieurs états vassaux. Après de longs combats, la XVIIè dynastie thébaine chassa les rois Hyksôs d’Egypte et fonda le Nouvel Empire.

Hypogée : Tombe rupestre creusée presque horizontalement dans les montagnes désertiques des bords du nil. Elles étaient en général dépourvues (à l’exception de la vallée des rois et des reines) d’un puit vertical qui menait au caveau.

Hypostyle (Salle) : (Gr) Salle dont le plafond est soutenu par des colonnes ou des piliers, et qui comprend donc plusieurs nefs. dans les temples du Nouvel Empire, les salles hypostyles comportaient souvent une nef centrale dont les colonnes étaient plus élevées que celles des bas-côtés ; l’exemple le plus célèbre est la grande salle hypostyle de Karnak avec ses 134 colonnes pour une surface au sol d’environ 5500 m².

i :
Idéologie royale : Désigne l’ensemble des conceptions relatives à la royauté. Représentant des dieux sur la terre, le pharaon incarnait l’Etat égyptien. Il représentait le peuple égyptien auprès des dieux et était responsable du maintient de l’ordre universel (Maât). Cet équilibre était garanti par ses faits historiques, magnifiés par les rites et célébrés par les innombrables représentations ornant les parois des temples. Choisi par les dieux, il possédait lui-même des qualités divines, qui faisaient de lui le premier prêtre d’Egypte et lui valaient d’être, de son vivant, l’objet d’un culte spécifique.

Imhotep : Haut fonctionnaire du règne de Djéser (IIIè dynastie) ; attesté notamment comme grand prêtre d’Héliopolis et chef des travaux du complexe funéraire de Djéser. Il sera plus tard considéré comme l’ « inventeur » de la construction en pierre et connaîtra les honneurs divins comme sage et héros de la culture. A la Basse-Epoque, il sera honoré, surtout dans la région de Memphis, dans les édifices cultuels particuliers dédiés au « Fils de Ptah ».

Insignes Royaux : Eléments du costume cérémoniel du pharaon qui lui furent donnés par les dieux lors de son couronnement comme autant de symboles de sa souveraineté. Outre plusieurs sceptres et bâtons, ces insignes comportaient aussi le Flagellum (Fouet) tenu dans la main gauche, et la crosse portée de la main droite, dont la forme crochetée dérive probablement de la houlette du berger. Ces deux objets étaient également portés par Osiris.

Isfet : (égyptien « Chaos, injustice, péché, mal ») Signifie le contraire de Maât, notion désignant pour les égyptiens l’ordre établi par les dieux, qui régit le monde, l’Etat et la vie des hommes. Quiconque perturbait cet « Ordre universel divin », était coupable d’Isfet ou de dérèglement du monde.

Ished : (voir Arbre Ished)

J :
Jeu de Senet : Attesté à partir de l’époque archaïque par des représentations et des découvertes archéologiques, ce jeu, qui se pratique à deux, fût visiblement fort apprécié de tous les temps. Il acquit aussi une dimension religieuse : Le mouvement des pions sur le plateau de jeu était assimilé au voyage du défunt dans l’au-delà, et le succès garantissait la renaissance après la mort.

Jugement divin : (voir Oracle).

K :
Ka : Notion abstraite désignant un aspect de la personnalité des dieux et des hommes, à l’instar de l’Akh et du ba. Le ka est le support des forces procréatrices et dispensatrices de vie ; il symbolise la force vitale ininterrompue qui se transmet de génération en génération. Apparaissant à la naissance de l’homme, le ka survit à sa mort. Comme le ba, il reçoit des offrandes et garantit la vie éternelle dans l’au-delà.

Kassites : Peuple venu ‘Iran dont la présence est attestée en Babylonie à partir du XVIIIè siècle av.J.C. Après le renversement, par les hittites, de la dynastie locale régnant sur Babylone, les Kassites s’emparèrent du pouvoir en 1595 av.J.C. et dominèrent Babylone jusqu’au milieu du XIIè siècle av.J.C. Des contacts diplomatiques réguliers avec l’Egypte, et d’intenses échanges commerciaux, sont attestés à partir de la fin du XVè siècle av.J.C. Aménophis III était marié entre autres avec une sœur du roi de Kassites.

Khat : (Egypt.) Coiffure royale qui ressemble au mémés mais dont l’étoffe est bouffante. Serré au niveau de la nuque, les extrémités du tissu s’épanouissent en longs pans sur le dos. Le Khat est également orné de l’uræus.

Khépresh : Terme égyptien désignant la couronne bleue, coiffure royale souvent représentée à partie du début du Nouvel Empire. Sorte de haut casque aux côtés saillants comme des ailes, le Khépresh est généralement de couleur bleue et orné de petits cercles jaunes qui évoquent sans doute des applications de métal sur un fond de cuir.

Khoiak (Mois de) : Forme copte de l’ancien mot égyptien désignant le quatrième mois de la saison de l’inondation. Durant ce mois avaient lieu partout dans le pays les grandes fêtes Osiriennes qui culminaient avec la célébration rituelle, dans les temples d’Osiris, de la résurrection de dieu.

Kiosque : Petit édifice ouvert de tous les côtés reposant sur des colonnes ou des piliers ; en Egypte, il était souvent construit en pierre et coiffé d’un toit de bois ou de toile ; les colonnes extérieures étaient reliées entre elles à mi-hauteur par des murs d’entrecolonnement. De tels kiosques étaient dressés à l’entrée des grands temples ou sur la voie des grandes processions, où ils offraient refuge aux images cultuelles transportées dans des barques sacrées (voir aussi chapelle-reposoir).

Kité : Unité de poids correspondant à 9,1g ; dix kités valaient un deben de 91g.

Koumidou (ou Kamid) : Actuelle Kamid el-Loz, au Liban ; cette principauté du Proche-Orient citée par Thoutmosis III sur la liste des régions conquises au cours de sa première campagne Syrienne, fera ultérieurement partie de la zone d’influence égyptienne.

Kouros : statue Grecque archaïque représentant un jeune homme nu.

Kyphi : Mot dérivé d’un terme égyptien signifiant « parfum à brûler ». Mot générique regroupe divers mélanges pouvant comporter jusqu’à 16 substances différentes (Résine, bois, herbe, épices, excréments d’animaux etc..) Ces mélanges étaient utilisés pour les fumigations dans les cérémonies rituelles, mais employés aussi comme remède contre différentes maladies (sous forme de lavement de bouche, ou de boisson mêlée à du vin).

L :
Labyrinthe : Nom que donnèrent des voyageurs Grecs et romains au temple funéraire de la pyramide d’Amenhemhat III à Haouara, en bordure du fayoum. Entièrement détruit aujourd’hui, ce « Labyrinthe » couvrait une surface immense (158 X 385 m) et comportait vraisemblablement plusieurs cours à péristyles, ainsi que des chapelles avec des naos abritant les statues des dieux et du pharaon.

Lagide (Dynastie) : Dynastie fondée par le général macédonien Ptolémée, fils de Lagos, après la mort d’Alexandre le Grand et qui régna d’environ 305 av.J.C. à 30 av.J.C. date à laquelle l’Egypte tomba sous la domination des romains.

Libou : (voir Libyens)

Libyens : Nom dérivant de l’égyptien Rébou / Réby qui désignait un peuple établi directement à l’ouest du delta. Ce nom est utilisé actuellement pour plusieurs peuplades qui vivaienet dans l’ouest et le sud-ouest du delta. Souvent figurés dans les représentations égyptiennes des « Peuples étrangers », ils constituèrent un danger réel durant les XIXè et XXè dynasties, en raison de leurs perpétuelles incursions dans la vallée du Nil. A la même époque, un nombre grandissant de tribus libyennes s’installèrent dans la partie occidentale du Delta, formant des principautés locales qui parvinrent momentanément, au cours de la Troisième Période intermédiaire, à s’emparer du pouvoir sur l’ensemble de l’Egypte. Cette domination Libyenne fut inaugurée par la XXIIè dynastie.

Liste Royale : Liste chronologique des noms des pharaons accompagnés de leur durée de règne ; utilisée comme base de datation dans l’administration et l’historiographie. La plus célèbre d’entre elles, bien que fragmentaire, nous est fournie par le Papyrus Royal de Turin. Ces listes constituent l’une des principales sources d’informations pour la reconstitution de la chronologie égyptienne.

Livre de l’Amdouat ou de « Ce qu’il y a dans le monde souterrain » : Désigne un livre funéraire (ou Guide de l’au-delà) dont les mots et images témoignent de la conception égyptienne de l’au-delà. Il décrit essentiellement le voyage nocturne du dieu solaire parcourant dans sa barque le monde souterrain. Durant les douze heures de la nuit, le dieu solaire rajeunit au contact des forces primordiales de la création qui peuplent le monde inférieur, pour revenir chaque matin sous la forme du disque solaire s’élevant sur l’horizon. Initialement écrit sur papyrus, ce « Livre » devint au plus tard à partir du règne de Thoutmosis 1er, un thème essentiel des décorations murales ornant les tombes royales de la vallée des rois. Par la connaissance du Livre de l’Amdouat, le roi défunt voulait s’associer à cette course perpétuelle du soleil afin d’accéder lui-même à une vie nouvelle.

Livre de la vache du Ciel : Expression moderne désignant une œuvre littéraire conçue probablement à l’époque Amarnienne et maintes fois évoquée dans les tombes royales du Nouvel Empire. Ce récit raconte le mythe du dieu solaire vieillissant qui, après avoir projeté d’anéantir les hommes rebelles, épargna une partie de l’humanité et se détournant de sa souveraineté sur terre, se retira au ciel sur le dos de la vache céleste. Ce texte explique, sur le mode mythique, la séparation momentanée du ciel et de la terre, de la sphère divine et du monde des hommes.

Livre des Cavernes : Expression moderne désignant un guide de l’au-delà rédigé au début de la XIXè dynastie qui, comme la plupart des autres livres funéraires de ce type, reflète par les mots et l’image les croyances égyptiennes concernant le monde souterrain de l’au-delà. Contrairement aux livres cosmographiques antérieurs (Livre de l’Amdouat, Livre des portes), il comporte de nombreux discours du dieu solaire à l’adresse des créatures peuplant le monde souterrain, et insiste surtout sur les dieux étroitement liés au monde terrestre. La version la plus ancienne de ce livre se trouve dans le Cénotaphe de Séthi 1er à Abydos. A la fin de la XIXè et durant la XXè dynastie, il fera partie des décorations habituelles des tombes royales.

Livre des Deux Chemins : Expression moderne désignant le plus ancien des guides de l’au-delà découverts à ce jour. Intégré dans les textes des sarcophages du Moyen Empire, il figurait généralement sur le fond des sarcophages. Le livre des deux chemin contenait une cartographie de l’au-delà rassemblant les régions souterraines et célestes (Contrairement aux livres du monde souterrain proprement dit, comme le livre de l’Amdouat, le livre des portes, et le livre des cavernes) ainsi que des formules magiques destinées à guider le défunt dans l’au-delà.

Livre des Morts : Vaste recueil de formules et de vignettes relatives aux croyances funéraires égyptiennes, qui devait assurer la survie dans l’au-delà. C’est à partir du Nouvel Empire que des Livres des Morts furent déposés avec le défunt dans les tombes. Contrairement aux guides de l’au-delà, ils furent accessibles dès l’origine aux particuliers. Souvent inscrites sur de longs rouleaux de papyrus, ces formules et vignettes figurent aussi sur les parois des tombes, les sarcophages, les statues etc. Elles puisent leur inspiration dans les textes des sarcophages, mais souvent aussi dans les textes des pyramides de l’Ancien Empire.

Livre des Portes : Guide de l’au-delà dont on conserve la trace à travers les représentations murales ornant les tombes royal du Nouvel Empire, depuis le règne d’Horemheb. Inspiré du Livre de l’Amdouat, il décrit comme lui le périple nocturne du dieu solaire parcourant dans sa barque le Monde souterrain. Chacune des 12 heures de la nuit, symbole des différents domaines du monde inférieur, est fermée par une porte gardée, devant laquelle le défunt doit prouver sa connaissance des choses et des êtres peuplant l’au-delà.

Livre du Monde Souterrain : (voir Guides de l’au-delà, Livre de l’Amdouat, Livre des Cavernes, Livre des Portes).

Loculus : (Pl.Loculi),(Latin). Mot désignant, dans les rites funéraires Gréco-romains, une sépulture unique ; se rapporte en Egypte à la niche servant d’emplacement au sarcophage, et plus particulièrement aux niches funéraires des nécropoles romaines d’Alexandrie.

M :
Mammisi : Ce mot copte signifie « Lieu de naissance » ; il désigne de petits temples attestés à partir de la Basse-Epoque dans les temenos de temples plus importants. Situés en règle générale perpendiculairement au temple principal, sur le chemin des processions, ils étaient souvent entourés d’un déambulatoire. A l’occasion de certaines fêtes, on y célébrait la naissance de l’enfant de la triade divine locale (père, mère, enfant), auquel était identifié le jeune roi. Les cérémonies cultuelles accomplies dans les mammisis révèlent donc un mythe de la naissance royale.

Massacre de l’ennemi (Scène du) : (voir pays étrangers).

Mastaba : (De l’arabe banquette). Tombe royale ou privée dont la superstructure est formée d’un massif de forme rectangulaire construit en brique ou en pierre dont les murs présentent des fruits inclinés. La sépulture proprement dite était située dans une chambre funéraire souterraine, généralement entourée de magasins (Tombes surtout utilisée à l’époque archaïque et sous l’Ancien Empire.

Mât à oriflammes : De hauts mâts mesurant parfois plus de tente mètres ornaient l’entrée des temples. Intégrés dans des niches dans la façade des pylônes, ils étaient formés d’un tronc d’arbre ébranlé, dont le sommet était partiellement recouvert d’électrum et la partie supérieure ornée de banderoles multicolores. Cette forme dérive vraisemblablement des étendards divins dressés dans les sanctuaires aux temps les plus anciens.

Ménat : Ce collier, formé de plusieurs rangs de perles réunis aux extrémités, était fermé par une plaque en métal qui reposait comme un contrepoids sur le dos du porteur du bijou. Le collier Ménat pouvait aussi être tenu à la main et agité, afin de produire un cliquetis dû à l’entrechoquement des perles. Cette utilisation comme instrument de musique est notamment attestée dans le culte de la déesse Hathor.

Mitanni : Royaume qui s’établit au XVIè siècle av.J.C. dans l’ouest de la Mésopotamie, entre le haut Tigre et l’Euphrate, et devint l’un des principaux royaumes des Hourrites. Au XVè siècle av.J.C. le Mitanni et l’Egypte se disputèrent la domination sur la Syrie. Sous Aménophis II, un traité de paix mit fin à ces rivalités guerrières, et Thoutmosis IV comme Aménophis III épouseront des filles de rois mitanniens. A la fin du XIVè siècle, la puissance du Mitanni diminua progressivement au profit de l’Empire Hittite.

Momie : Dérive du mot arabe signifiant « Bitume » ; désigne aujourd’hui un corps préservé de la décomposition par un phénomène naturel de dessiccation ou des procédés artificiels. L’embaumement est attesté en Egypte depuis l’époque archaïque. A une époque plus tardive, la momification durait environ 70 jours et était suivie de l’inhumation du défunt. Selon les croyances égyptiennes, la conservation du corps était une condition indispensable à la vie posthume.

Mur d’Entrecolonnement : Petit mur qui relie à mi-hauteur des colonnes de façades ou de portique entre elles (voir Kiosque et Pronaos).

Mur du Prince : Dans les ouvrages littéraires du Moyen Empire, ce terme désignait la protection militaire située le long de la frontière Nord-Est de l’Egypte. Dans la partie Orientale du Delta, jouxtant la Syrie-Palestine, des tours de guet et des fortifications avaient sans doute été élevées pour prévenir une invasion asiatique.

N :
Naissance Royale (Mythe de la) : Mythe de l’origine divine du pharaon, rapportée par les textes et images : Le dieu Amon-Rê descend sur terre pour se rendre, sous la forme du pharaon, chez la reine à qui il révèle sa nature divine. De leur union naît l’héritier du trône ; après sa naissance, l’enfant est allaité par des nourrices divines et reconnu par son père Amon-Rê. Plusieurs temple du Nouvel Empire sont ornés de représentations expliquant ainsi la double nature divine et humaine du souverain égyptien.

Naophore : (Du Grec « Porteur de Naos »). Type de statue montrant généralement un homme agenouillé qui porte devant lui un Naos abritant une statue ou un emblème divin ; attesté dans les temples à partir de la XVIIIè dynastie. Plus tard, les naophores seront aussi figurés debout ou assis.

Naos : (Du Grec « Temple », « Demeure des dieux »). Chasse ou tabernacle abritant la statue d’une divinité ; fabriqué généralement en bois ou en pierre dure, le naos était placé dans les temples ou les tombes.

Narration Royale : Forme littéraire prisée à partir du début du Moyen Empire et qui s’articule autour d’une décision historique importante du pharaon (Opération militaire, reconstruction d’un temple…). Ce type d’historiographie littéraire servait à la glorification du pharaon dont la sagesse se mesurait au succès de ses décisions.

Natron : Mélange naturel de chlorure et de carbonate de sodium, extrait notamment au Ouadi Natroum en Basse-Egypte. Le natron était surtout utilisé pour la dessiccation du corps lors de l’embaumement, et pour la purification et la fumigation dans les cérémonies cultuelles.

Nébou-Néfer : (voir Talent d’Or).

Néo-égyptien : Forme de la langue égyptienne en vigueur de la fin de la XVIIIè dynastie à la Troisième Période Intermédiaire. Elle servait à rédiger les textes courants (Economiques, commerciaux ou administratifs) mais aussi les œuvres littéraires. On l’écrivait aussi bien en Hiératique sur les papyrus ou les ostracas, qu’en signes hiéroglyphiques sur les stèles et les parois des temples.

Nilomètre : Couloir ou puits aux parois graduées, en correspondance avec la nappe phréatique du Nil, qui permettait de mesurer la hauteur du fleuve. L’observation systématique du niveau des eaux du Nil est attestée depuis l’époque archaïque. Elle servait à contrôler la montée des eaux lors de la crue du Nil, à établir une juste distribution de l’eau dans les terres agricoles, et à fixer en conséquence le taux des impôts annuels.

Nimmouria : Transcription cunéiforme du nom de couronnement d’Aménophis III : « Nebmaâtrê » (voir aussi écriture cunéiforme)

Nomarque (Grec) :
1) Haut fonctionnaire nommé par le roi à la tête d’un nome dont il dirigeait l’administration et la justice. Vers la fin de l’Ancien Empire, avec l’autonomie grandissante des monarques, cette fonction devint héréditaire. Le renforcement de l’autorité centrale au début du Moyen Empire réduisit peu à peu la puissance des monarques, jusqu’à supprimer complètement leur fonction.
2) A l’époque Ptolémaïque, titre d’un fonctionnaire de l’administration civile qui dirigeait la production agricole dans un domaine donné ; ce nom sera donné plus tard à un fonctionnaire subalterne rattaché au service des finances du nome.

Nom de Couronnement : (voir Titulaire Royale).

Nom de Naissance : (voir Titulaire Royale).

Nom de Nebty (Ou des deux maîtresses) : (voir Titulaire Royale)

Nom (d’Horus) d’Or : (voir Titulaire Royale)

Nome ; Mot désignant en Egyptologie les grandes provinces ou régions administratives qui constituèrent le territoire égyptien à partir de la IIIè dynastie. On distinguait idéalement 22 nomes pour la Haute-Egypte, et 20 pour la Basse-Egypte. Les nomes étaient dirigés par un monarque. Cette division administrative se reflétait également dans le domaine religieux : à chaque nome était rattachée une divinité spécifique, le dieu (ou la déesse) tutélaire du nome. Au fil du temps cette dimension religieuse supplanta la réalité administrative, qui commença à s’appuyer sur d’autres divisions territoriales.

Nubiens : Désigne généralement les habitants de la vallée du Nil, au sud de la première cataracte, qui se distinguent des égyptiens par leur race et leur langue. Pour les égyptiens, la Nubie faisait partie des « Pays étrangers » ; ces habitants devaient donc être vaincus politiquement et militairement car ils représentaient un danger potentiel pour le pays. Depuis les temps les plus reculés, l’Egypte entretenait des contacts avec la Nubie, tantôt pacifiques (commerce), tantôt militaires. De nombreux Nubiens s’étaient d’ailleurs établis en Egypte, notamment pour des raisons économiques. Dans l’art égyptien, ils sont généralement représentés avec une peau sombre, des cheveux crépus et des traits négroides
.
O :
Obélisque : Haut pilier de pierre s’amincissant vers le haut, dont l’extrémité est souvent formée par un pyramidion plaqué d’électrum ; née au début de l’Ancien Empire, sa forme est vraisemblablement inspirée du benben, représentation stylisée de la butte primordiale. Pouvant atteindre plus de 30 mètres de hauteur, les obélisques étaient généralement des monolithes en pierre dure (souvent du granit rose) dresses habituellement devant les pylônes des temples, ils étaient considérés comme des symboles du dieu solaire.

Océan Primordiale : (voir butte primordiale).

Œil d’Horus : Dans le mythe, œil du dieu faucon Horus qui fut arraché au maître du ciel, mutilé, puis restitué et guéri. Autour des yeux d’Horus, assimilés au soleil t à la lune, se développa un ensemble complexe de mythes. Selon ces derniers, la mutilation et la restitution éternellement répétées de l’œil d’Horus reflètent la course des constellations et les phases de la lune ; l’œil d’Horus revient guéri à l’instar du soleil et de la lune qui réapparaissait chaque jour. Cette caractéristique en fit l’un des symboles de régénération les plus prisés : objet de multiples représentations, il était volontiers porté comme amulette (Œil Oudjat).

Œil Oudjat : Synonyme d’ « Œil d’Horus ».

Offrandes (procession d’) : Expression désignant la transmission, à d’autres bénéficiaires, des offrandes (nourriture, vêtements, onguents, fleurs etc.) apportées en premier à un dieu. Les offrandes étaient souvent déposées ensuite devant les statues du pharaon, puis devant celles de particuliers placées dans les temples, et enfin dans les tombes privées. Ce « Transfert » était réglementé par contrat ; c’est enfin le prêtre chargé du service d’offrandes du dernier bénéficiaire qui recevait les offrandes en paiement.

Offrande Votive : Offrande déposée dans le sanctuaire d’un dieu en accomplissement d’un vœu. Ce terme est aussi utilisé en Egyptologie pour tous les types d’objets déposés en offrande dans un temple. Il s’agit généralement de statuettes de divinités, de symboles liés aux dieux ou encore de stèles.

Optet (Belle Fête d’) : La fête d’Optet, l’une des plus importantes du pays, était célébrée chaque année à Thèbes pendant une période qui pouvait atteindre 27 jours. L’apogée en était la procession de la barque sacrée d’Amon, qui était portée en grande pompe depuis Karnak jusqu’au temple de Louqsor distant de 2,5 km, où le dieu (ou plus exactement la statue du dieu) séjournait plusieurs jours avant d’être ramenée à Karnak. Cette procession est illustrée avec force détails sur les murs du temple de Louqsor (Grande Colonnade). Les cérémonies rituelles accomplies durant la visite à Louqsor comprenaient le renouvellement annuel du mandat royal par le dieu Amon.

Or de la Récompense : La coutume consistait à donner de l’Or à des fonctionnaires méritants est attestée depuis l’Ancien Empire. Les tombes privées du Nouvel Empire portent souvent la représentation de ces distinctions officielles : le roi se tient à la fenêtre d’apparitions et tend l’Or de la récompense aux fonctionnaires debout en contrebas. Il s’agit généralement de bijoux divers, tels des colliers aux perles d’or lentiformes ou des bracelets. Ces bijoux sont volontiers figurés sur les statues des bénéficiaires.

Oracle : La coutume consistant à tourner vers les dieux pour leur demander un conseil, un renseignement ou un verdict est attesté à partir du début du Nouvel Empire. Ecrites ou orales, les requêtes étaient soumises par les prêtres au dieu incarné par sa statue, qui donnait sa réponse par un mouvement particulier (par exemple au cours d’une procession), ou insufflait sa volonté au prêtre qui la communiquait au requérant. Ces oracles concernaient les questions les plus diverses : affaires administratives, décisions de justice, nominations ou soucis privés.

Osiris Végétant : Corps momiforme du dieu Osiris façonné en limon, dans lequel étaient placées des graines à lever. Leur germination symbolisait les forces fécondatrices d’Osiris qui renaît après la mort et assure le renouvellement périodique de la végétation et la résurrection du défunt.

Ostracon Pl.ostraca : (du Grec « Tesson de poterie ») Tesson d’argile ou éclat de calcaire plat utilisé comme support d’écriture ou de dessin. Le Nouvel Empire a ainsi livré des milliers d’ostracas (plus économiques que le papyrus) couverts de textes de la vie quotidienne (Lettres, comptes, notes, devoirs écoliers…). Même les peintres les utilisaient pour leurs esquisses.

Ouadi : Mot arabe donné à une vallée étroite creusée dans le désert par des pluies violentes.

Ouaset : Dénomination égyptienne du nome de Thèbes ; peut aussi désigner la ville elle-même.

Ouverture de la bouche (Rituel de l’ ) : Cette cérémonie connue depuis l’Ancien Empire consistait en l’animation d’objets relevant du domaine cultuel. Transmise par les textes, et par les représentations figurant sur les papyrus et les parois des temples et des tombes jusqu’à l’époque romaine, cette cérémonie complexe comprenait plusieurs manipulations et s’accomplissait surtout sur des statues. Le rituel était destiné à leur insuffler la vie, à les préparer à prendre part à l’acte cultuel et à recevoir les offrandes. Les momies de défunt et d’animaux sacrés étaient elles aussi « éveillées »à la vie de l’au-delà. L’épisode essentiel du rituel, souvent représenté, était « l’Ouverture de la Bouche » au moyen d’un instrument fourchu en forme d’herminette.

P :
Paophi (Mois de) : Nom copte du deuxième mois de la saison de l’inondation (voir calendrier) ; dérive de l’expression égyptienne le désignant depuis la fin du Nouvel Empire : « celui (de la fête) d’Opet ». En effet, à partir du début de la XVIIIè dynastie, ce mois marquera à Thèbes le début de la célébration annuelle de la Fête d’Opet.

Papyrus : (du Grec papyros, mot dérivant sans doute d’une expression égyptienne signifiant « celui du pharaon »). Cette plante présente en abondance durant l’antiquité dans les zones marécageuses du Delta servait à la fabrication de toutes sortes de produits (Nattes, panier, éléments d’architecture, barques, sandales, etc., mais elle était également utilisée dans le domaine cultuel (Offrandes). Sa haute signification symbolique (Fraîcheur, fertilité, régénération) en faisant le modèle des formes architectoniques et des objets sacrés. Pourtant, c’est surtout sous la forme d’un «Papier», fabriqué avec la moelle fibreuse de sa tige, que le papyrus jouera un rôle déterminant dès la 1ere dynastie.

Pastel : (Isatis tinctoria L.). Plante tinctoriale dont les feuilles broyées et fermentées fournissent une couleur bleue. Sa culture n’est attestée en Egypte qu’à partir de l’époque Hellénistique

Pays étrangers : Aux yeux des égyptiens, tout pays extérieur à la vallée du Nil et au delta était un « Pays étranger », situé selon leur cosmogonie en dehors du monde organisé (= l’Egypte). Considérées comme faisant partie du chaos, ces puissances devaient être vaincues pour être intégrées à l’ordre universel divin incarné par l’Egypte. Cette conception explique pourquoi le pharaon est souvent figuré en train de saisir par les cheveux et de massacrer symboliquement un asiatique, un nubien ou un libyen, représentants typiques des « peuples étrangers » (scène dite du « massacre de l’ennemi »).

Per-âa : Voir Pharaon.

Peret : Mot égyptien désignant la saison de la germination (voir calendrier).

Perruque Hathorique : Perruque féminine très populaire sous le Moyen Empire attestée aussi bien sur les bas-reliefs ou les peintures que dans la sculpture en ronde bosse. Sa forme, qui rappelle celle de la perruque portée par la déesse Hathor, est caractérisée par deux retombées dont les extrémités se lovent en spirale sur la poitrine.

Peuples de la Mer : Nom moderne donné à plusieurs peuples différents, établis probablement surtout sur la côte ouest de l’Asie Mineure et en Egée, qui avancèrent en plusieurs vagues jusqu’à l’Egypte au cours des XIIIè et XIIè siècles av.J.C. dans l’espoir de trouver des terres à conquérir. Ils occasionnèrent de grands bouleversements politiques et ethniques, notamment en Syrie-Palestine, et plusieurs Pharaons menèrent campagne pour les empêcher d’envahir le littoral égyptien. Les décors de différents temples thébains témoignent des batailles menées par Ramsès III contre les peuples de la mer.

Pharaon : Expression dérivée de l’égyptien Perâa qui signifie « Grande maison ». Désignait depuis les temps les plus anciens le palais royal et ses habitants, c'est-à-dire la cour royale. Terme utilisé à partir de la XVIIIè dynastie pour la personne du roi ; fera partie plus tard des titres du souverain.

Phylé : Désignation Grecque de la principale unité d’organisation du personnel égyptien. Les ouvriers (Du bâtiment ou du transport), mais aussi les artisans et les prêtres des temples étaient rigoureusement répartis en classe ou phylés comprenant un nombre déterminé de personnes soumises à un système de rotation précis.

Pierre de Palerme : Grande dalle gravée, aujourd’hui conservée à l’état fragmentaire au musée de Palerme, qui contient une liste des noms et des années de règne des pharaons, depuis les premiers d’entre eux jusqu’à la Vè dynastie, ainsi que des indications concernant les dons faits aux dieux. Support des principales annales de l’Ancien Empire, la pierre de Palerme constitue une source documentaire essentielle pour la reconstitution de la chronologie égyptienne.

Pierre de Rosette : Stèle découverte en 1799 par un officier Français, près de Rosette sur le littoral méditerranéen. Elle se trouve aujourd’hui au British Muséum à Londres. Elle porte un décret trilingue gravé en hiéroglyphe, en démotique et en Grec, qui permit à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes en 1822. Ce texte énonce les décisions prises en 196 av.J.C. par l’assemblée des prêtres égyptiens au sujet des honneurs rendus à Ptolémée V et à Cléopâtre 1re (voir également Décret de Canope).

Pilier-Djed : Pilier entouré sur plusieurs niveaux d’éléments végétaux, qui fût vénéré comme fétiche dès les temps les plus reculés. Symbole de durée et de stabilité, il était volontiers utilisé comme amulette. La cérémonie de « L’érection du pilier Djed » constituait un moment important des fêtes Osiriennes célébrées durant le mois de Khoiak.

Pilier Osiriaque : Statue du pharaon adossée contre un pilier ou un mur. L’aspect souvent momiforme de ces effigies, qui évoquent les représentations du dieu Osiris, leur a valu cette appellation qui prête à confusion. Attestées dès le début du Moyen Empire, ces statues se trouvent essentiellement sur les façades des grands sanctuaires royaux du Nouvel Empire.

Portique : Galerie couverte portée par des colonnes ou des piliers dressés sur un ou plusieurs rangs devant la façade des temples, des tombes ou des bâtiments profanes ou bordant les cours.

Pount : Appellation égyptienne d’une région située au Sud-Est de l’Egypte, avec laquelle celle-ci entretenait des contacts commerciaux depuis l’Ancien Empire. Les expéditions dans le Pount (Dont la plus célèbre, sous le règne d’Hatshepsout), est représentée dans son temple funéraire à Thèbes – descendaient la mer rouge, puis s’enfonçaient dans les terres à la hauteur du nord de l’Ethiopie et de l’Erythrée. Les égyptiens venaient y chercher la myrrhe, l’encens, l’ébène, l’ivoire et les peaux de félins.

Prêtre Ouâb (égyptien « Le Pur ») : Les prêtres Ouâb étaient sans doute les plus nombreux des prêtres rattachés au temple. Attestés depuis l’Ancien Empire, ils seront plus tard organisés en phylés ; dans la hiérarchie du clergé, ils se situaient au-dessous des serviteurs du dieu (voir Prophète). Ils assuraient une grande partie du service quotidien des offrandes. A coté de leur ministère, ils occupaient généralement un poste de fonctionnaire ou exerçaient une autre fonction au service de l’Etat ou du temple.

Prêtre Sem : Le titre de Sem attesté depuis l’époque archaïque était attribué au fils aîné du roi qui représentait son père, notamment devant les dieux lors des cérémonies cultuelles. Le prêtre Sem jouait un rôle important dans le rituel de l’ouverture de la bouche et lors des funérailles. Ce titre évolua pour devenir progressivement un titre purement sacerdotal. La fonction de prêtre Sem revêtait une signification particulière dans les cultes de Ptah, Sokar et Osiris ; ces prêtres sont également représentés dans les temples funéraires royaux du Nouvel Empire où ils sont figurés drapés d’une peau de félin.

Procès des Pilleurs de Tombes : Plusieurs papyrus rédigés en écriture hiératique correspondent à des dossiers judiciaires relatifs à des pillages qui eurent lieu dans des tombes royales et privées de la nécropole thébaine vers la fin du Nouvel Empire, sous Ramsès XI. Sont notamment conservés une partie des auditions des inculpés comparus devant le tribunal, ainsi que des comptes rendus d’enquêtes (Visites de tombes etc..).

Pronaos (Grec) : Salle hypostyle qui précède le sanctuaire proprement dit. Sa façade est soit ouverte, soit (dans le cas le plus fréquent) fermée à mi-hauteur par des murs d’entrecolonnement situés au niveau de la première rangée de colonnes. La forme architecturale du pronaos s’est développée au cours de la XVIIIè et au début de la XIXè dynastie pour devenir aux époques Ptolémaïque et Romaine un élément essentiel et suivent prestigieux de l’architecture des temples égyptiens.

Prophète : Transcription moderne du titre de « Serviteur du dieu » correspondant depuis l’époque archaïque à l’une des fonctions les plus répandues au sein du clergé égyptien. Ce titre était souvent suivi du nom du dieu (ou du pharaon) servi par le prophète (« Prophète d’Amon »), mais il pouvait aussi s’accompagner du nom du sanctuaire où officiait le prêtre. Cette fonction était exercée par des hommes dont c’était l’activité principale, soit par des fonctionnaires qui exerçaient par ailleurs une activité professionnelle. A partir du Nouvel Empire s’instaura une hiérarchie au sommet de laquelle se trouvait le Grand Prêtre, « Premier serviteur de dieu », suivi par le second, le troisième et le quatrième prophète.

Pschent : Double couronne composée de la couronne blanche de la haute-Egypte, et de la couronne rouge symbolisant la Basse-Egypte. Figurée depuis le début de l’Ancien Empire. Portée par les rois ou les dieux, elle montre leur souveraineté sur les deux parties du pays.


Psychostasie : Terme Grec signifiant « Pesée de l’âme ». Scène célèbre représentée sur la vignette du chapitre 125 du Livre des Morts figurant la pesée du cœur du défunt. Après sa mort, le défunt est introduit au tribunal d’Osiris, où devant 42 dieux il répondra de ses actes. Son cœur est placé sur l’un des plateaux de la balance, sur l’autre se trouve l’effigie de Mâat, principe de l’ordre et de la justice, ou une plume, hiéroglyphe de son nom. A coté de la balance se tient un monstre hybride, mi-lion, mi-hippopotame, à tête de crocodile, appelé la « Grande dévoreuse », qui dans le cas d’un jugement défavorable se jettera sur le défunt. En revanche, un jugement favorable lui ouvrira les portes du monde des bienheureux dans lequel il sera accueilli par Osiris. Thot, debout, inscrit avec un calame le résultat de la pesée.

Pylône (du Grec « Porte d’entrée », « Grande porte ») : portail monumental flanqué de deux massifs qui marquait l’entrée des temples égyptiens. L’accès central était fermé par de grandes portes à deux battants souvent garnis de fermetures. L’intérieur des massifs était pourvu d’un escalier rejoignant la terrasse, et l’extérieur généralement orné de scènes du massacre de l’ennemi (voir Pays étrangers). Devant le pylône se dressaient souvent des mâts à oriflammes, des obélisques ou des statues colossales du pharaon.

Pyramide satellite : Petite pyramide érigée, de la IIIè dynastie au début du Moyen Empire, à proximité de la tombe pyramidale du roi. Cette pyramide au contraire des petites pyramides des reines qui se situaient aussi près de la grande sépulture royale n’était pas un lieu d’inhumation mais un cénotaphe.

Pyramidion : Mot emprunté du Grec pour désigner les sommets des pyramides ou des obélisques. Dans le cas des pyramides, ce sommet est toujours taillé à part, généralement en pierre, et s’orne de représentations et de textes faisant référence à la course du soleil. Dans le cas des obélisques, le pyramidion forme l’extrémité supérieure du monolithe, sa pointe, qui est souvent recouverte d’électrum.

Q :
Qenbet : Assemblée de fonctionnaires de haut rang qui supervisait les juridictions locales sous le Nouvel Empire. Il existait aussi la grande Qenbet, dirigée par le vizir, qui siégeait habituellement dans la capitale ; cour suprême, elle était chargée des procédures de recours.

R :
Reposoir de Barques : Voir Chapelle-Reposoir.

Route des Oasis : Piste empruntée jusqu’à l’époque moderne par les caravanes qui partaient de Coptos en Haute-Egypte pour se rendre au Soudan en passant par plusieurs oasis du désert occidental. Mentionnée comme voie de commerce dans les textes égyptiens depuis la fin de l’Ancien Empire.

S :
Saff (Arabe « Rangée ») : Forme de tombe rupestre très prisée au début de la Xiè dynastie dans la partie septentrionale de la nécropole thébaine. La façade de la tombe, située dans le prolongement d’une cour, est généralement dotée d’une (ou de deux) rangées de piliers taillés dans le roc. Derrière ces piliers s’ouvre l’accès aux chambres funéraires de la tombe proprement dite.

Sagesse : Voir Enseignements.

Saqieh (Sakieh) : Elévateur d’eau attesté en Egypte à partir de l’époque Gréco-romaine, qui permettait
De remonter l’eau du Ni sur plusieurs mètres de hauteur au moyen d’une roue à godets entraîné par un engrenage. Autrefois mise en mouvement par des bœufs ou des ânes, la Saqieh est généralement actionnée aujourd’hui par des buffles. Elle permet une irrigation efficace des champs, même d’une superficie importante.

Satire des Métiers : Expression moderne désignant l’Enseignement de Khéti. Dans cet ouvrage littéraire du moyen Empire, qui sera beaucoup lu et copié plus tard dans les écoles de scribes, un père dépeint à son fils plusieurs métiers artisanaux sur un ton satirique afin d’en souligner les cotés négatifs. Seule est exaltée la formation de scribe susceptible de conduire à la carrière de fonctionnaire.

Satrape : (Perse ancien « Protecteur du Pays »). L’Empire Perse était divisé depuis Cyrus 1er en plusieurs circonscriptions administratives appelées satrapies ; elles étaient gouvernées par un satrape aux compétences civiles et militaires. A l’époque de la domination Perse, l’Egypte était une satrapie de l’Empire Perse (voir Achéménides). Après la mort d’Alexandre le Grand, le macédonien Ptolémée devin en 323 av.J.C. le satrape de l’Egypte, avant d’être proclamé roi en 306 av.J.C. (Voir Lagide).

Scarabée : Pour les égyptiens, le mode de vie du coléoptère « Scarabaeus sacer » en faisant le symbole du jeune dieu solaire et l’incarnation de la vie qui sans cesse renaît des profondeurs du monde souterrain. Selon leur conception, les jeunes scarabées naissent de la terre, sortant tout formés de la boule de fumier que le scarabée adulte roulait avec ses pattes. C’est pourquoi il s’apparentait au soleil qui chaque matin s’élève à l’horizon. Devenu la plus prisée des amulettes, le scarabée est représenté en d’innombrables exemplaires dans les matériaux les plus divers.

Scarabée Commémoratif : Désigne généralement des scarabées de taille inhabituelle (jusqu’à 11cm) dont le ventre ou « Plat » est gravé d’un texte en hiéroglyphes de plusieurs lignes. Ce texte peut faire référence à des événements historiques, mais aussi relever du domaine religieux. Aménophis III fit ainsi émettre plusieurs séries de scarabées commémoratifs.

Sceau-Cylindre : Sceau-Cylindre largement répandu au Proche-Orient et en Egypte, surtout au IIIè millénaire av.J.C, dont les représentations et inscriptions gravées étaient déroulées et imprimées sur le cachet d’argile servant à sceller l’objet concerné.

Scène du repas funéraire : Représentation du défunt assis devant une table d’offrande. Ce motif très répandu, qui symbolisait l’approvisionnement matériel du défunt dans l’au-del